Page:Anonyme ou Collectif - Voyages imaginaires, songes, visions et romans cabalistiques, tome 1.djvu/348

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avoir de plus affreux dans la caverne. Là-dessus je repris courage, & me saisissant d’un tison enflammé, je rentrai dans l’antre d’une manière brusque ; mais à peine eus-je fait trois pas en avant, que ma frayeur redoubla par un grand soupir que j’entendis, suivi d’un son semblable à des paroles mal articulées, & d’un autre soupir encore plus terrible. Une sueur froide sortit de mon corps de tous côtés, & si j’avoir eu un chapeau sur la tête, je crois que mes cheveux, à force de se dresser, l’auroient fait tomber à terre. Je fis cependant tous mes efforts pour dissiper ma crainte par la pensée que la puissance divice, qui étoit présente ici comme ailleurs, étoit capable de me protéger contre les plus grands périls ; & avançant avec intrépidité, je découvris une vieille chèvre mâle d’une extraordinaire grandeur, couchée à terre, & prêt à mourir de vieillesse.

Je la poussai un peu pour essayer si je pourrois la faire sortir de-là, & elle fit quelques efforts pour se lever, sans y pouvoir réussir. Je m’en mettois peu en peine, persuadé que tant qu’elle seroit en vie elle feroit la même peur à quelque sauvage, s’il étoit assez hardi pour se fourrer dans cet antre.

Pleinement tranquillisé, alors je portai mes yeux de tous côtés & je trouvai la caverne assez étroite & sans figure régulière, puisque la nature