Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/158

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LYSISTRATA.

Car on les voit à présent, armés de pied en cap, comme des corybantes, parcourir le marché aux marmites et aux légumes.


LE MAGISTRAT.

Rien de plus vrai. C’est le fait d’un bon militaire.


LYSISTRATA.

Vraiment ! C’est ridicule de voir quelqu’un avec un bouclier décoré d’une tête de gorgone acheter de petits poissons.


UNE FEMME.

Et, par Jupiter, moi-même j’ai vu un phylarchonte avec sa crinière, qui, monté sur son coursier, cachait dans son casque d’airain un œuf qu’il dérobait à une vieille femme. Un autre Thrace, faisant mouvoir son bouclier et son javelot, comme un Térée, effrayait une vendeuse de figues et dévorait ainsi les plus mûres.


LE MAGISTRAT.

Mais comment pourrez-vous, au milieu de tant de confusion, rétablir l’ordre et la paix dans ce pays ?


LYSISTRATA.

Très facilement.


LE MAGISTRAT.

Comment ? Dis.


LYSISTRATA.

Comme quand notre fil est embrouillé, nous le prenons par bouts et le retirons de dessus le fuseau, de côté et d’autre. Nous détruirons également la mésintelligence, si on nous le permet, en l’affaiblissant par des ambassades envoyées de côté et d’autre.