Page:Aristophane - Théâtre 1889 tome 2.djvu/170

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lui. Il ne remit plus le pied chez lui, par antipathie pour les femmes, qu’il détestait. Pour nous autres, chastes comme Mélanion, nous ne les détestons pas moins que lui.


UN VIEILLARD.

Petite vieille, je veux l’embrasser.....


UNE FEMME.

Tu ne mangeras donc plus d’oignon[1].


LE VIEILLARD.

..... Et me mettre en devoir de te donner des coups de pied.


LA FEMME.

L’ami, tu as bien de la barbe[2].


LE VIEILLARD.

Et Myronide, redouté de tous ses ennemis, était également velu de ce côté-là, et avait le derrière tout noir. Tel était aussi Phormion.


CHŒUR DE FEMMES.

Je veux vous faire un conte pour servir de pendant à celui de Mélanion. Un certain Timon était affreux : son visage hérissé de poils était inabordable ; c’était un véritable enfant des Furies. Ce Timon, plein de haine contre la perversité des hommes, s’en éloigna en faisant les plus horribles imprécations. Voilà comme, en revanche, celui-ci ne pouvait souffrir ces méchants hommes, mais il aimait passionnément les femmes.


UNE FEMME.

Veux-tu que je te casse la mâchoire ?

  1. C’est un proverbe, pour dire que l’on pleurera bien sans manger d’oignon.
  2. C’est-à-dire, je t’arracherai ta barbe touffue ; il ne s’agit pas de celle du menton.