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PRÉFACE DU TRADUCTEUR.

Après de vains efforts pour se faire publier aux États-Unis, après s’être entendu dire à Philadelphie, on devine avec quel serrement de cœur, que jamais ses dessins ne trouveraient de graveur, c’est à l’Angleterre, jugée plus hospitalière et plus capable, que l’étranger, plein d’angoisse et doutant de soi-même, se décide enfin à apporter son trésor, et à confier l’espoir de sa renommée. Disons-le tout de suite, en l’accueillant comme un frère (received me as a brother), l’Angleterre a répondu d’une manière digne d’elle et de lui, et peut noblement revendiquer sa part d’une entreprise gigantesque, et tout simplement immortelle.

Cinq gros volumes de texte, illustrés par quatre cents planches, où les figures, de dimensions naturelles et d’un coloris achevé, sont représentées chacune dans l’attitude propre à ses mœurs, et même avec l’encadrement harmonique du ciel, de la terre et des eaux ; voilà pour l’exécution typographique et l’iconographie, en rapport de tout point avec la valeur intrinsèque de l’ouvrage. Ainsi Cuvier a pu dire que c’était le plus beau monument que la science eût encore élevé à la nature. En ferons-nous mieux comprendre la valeur, si nous ajoutons que chaque exemplaire coûte de trois à quatre mille francs !

Cette dernière considération suffit à expliquer com-