Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/142

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LA TOURTERELLE DE LA CAROLINE.


J’ai cherché, cher lecteur, à vous donner une fidèle représentation de deux couples de tourterelles, aussi jolies qu’aucunes qui aient jamais roucoulé leurs amours sous la verte cime des bois. Je les ai placées sur une branche de stuartia[1], que vous voyez ornée d’une profusion de blanches fleurs, symbole d’innocence et de chasteté.

Regardez la femelle : avec quel zèle elle couve ses œufs, doucement enlacée par l’épais feuillage, recevant la nourriture du bec du mâle, et prêtant l’oreille avec délices aux assurances de son affection dévouée. Rien ne manque au couple fortuné, rien de ce qui pourrait, en un tel moment, rendre tout autre couple également heureux.

Sur la branche au-dessus, voici les préludes d’une scène d’amour : la femelle, toujours réservée et indécise, semble douter des protestations de son amant et, comme une vierge craintive, se résout à mettre sa sincérité à l’épreuve, en se refusant quelque temps encore à ses désirs : elle a gagné l’extrémité de la branche ; déjà s’ouvrent ses ailes et sa queue, elle va s’envoler

  1. Stuartia, ou Stewartia malacodendron, de la famille des Malvacées, arbrisseau de hauteur médiocre, et dont la fleur grande, ouverte, agréable à la vue, mais sans odeur, rappelle assez bien, en effet, celle de certaines lavatères.