Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/274

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LA PÊCHE DE LA MORUE.


Je regardais déjà comme chose extraordinaire la quantité de poisson que j’avais vue le long des côtes des Florides ; mais ce que j’en trouvai plus tard au Labrador véritablement m’étonna, et si, en lisant ce que je vais raconter, vous éprouvez cette surprise dont je ne pus d’abord me défendre en présence des faits, vous conclurez, ainsi que je l’ai fait souvent moi-même, que, pour produire de petits animaux à l’usage des gros, et vice versâ, la prévoyante nature dispose de moyens vastes et inépuisables, comme ce monde même que son habile main nous a si curieusement construit.

La côte du Labrador est visitée par des pêcheurs européens, aussi bien que par des américains ; et tous, du moins je le pense, peuvent revendiquer, avec des droits égaux, certaines portions du domaine de la pêche, assignées d’un consentement mutuel à chaque nation. Mais, pour le moment, je bornerai mes observations aux pêcheurs de mon pays, qui, du reste, doivent être de beaucoup les plus nombreux.

Les citoyens de Boston et beaucoup d’autres de nos ports de l’Est sont ceux qui principalement s’adonnent à cette branche de notre commerce. East-Port, dans le Maine, envoie chaque année une grosse flottille de schooners et de pinasses au Labrador, pour se procurer