Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/378

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ces pewees sur les îles de la Madeleine, et les côtes du Labrador et de Terre-Neuve.

Le nid a quelque ressemblance avec celui de l’hirondelle de fenêtre : l’extérieur consiste en terre gâchée, au milieu de laquelle sont solidement enchevêtrées des herbes ou mousses de diverses espèces, déposées par couches régulières. Il est garni de radicules fibreuses, ou de petites hachures d’écorce de vigne, de laine, de crins, et parfois d’un peu de plume. Le plus grand diamètre, à l’entrée, est de cinq à six pouces, sur quatre à cinq de profondeur. Les deux oiseaux travaillent alternativement à apporter des pelotes de boue ou de terre humide mêlée avec de la mousse dont ils disposent la plus grande partie au dehors, et quelquefois tout l’extérieur semble en être entièrement formé. La construction est fortement attachée contre un mur, un rocher, les poutres d’une maison, etc. Dans les landes du Kentucky, j’ai vu des nids fixés à la paroi de ces trous singuliers qu’on appelle sink-holes, et qui s’enfoncent jusqu’à vingt pieds au-dessous de la surface du sol. J’ai remarqué que, lorsque les pewees reviennent au printemps, ils consolident leur ancienne habitation par des additions aux parties extérieures adhérentes au roc ; c’est pour l’empêcher de tomber, ce qui lui arrive cependant quelquefois, lorsqu’elle date de plusieurs années. On en a vu, dans l’État du Maine, prendre possession du nid de l’hirondelle républicaine (hirundo fulva). Ils pondent de quatre à six œufs, d’une forme ovale, et d’un blanc pur, avec quelques points rougeâtres près du gros bout.