Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/455

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sons des plus curieux et des plus beaux se jouent au sein des ondes limpides.

Des tortues de diverses espèces se retirent sur ces bancs pour déposer leurs œufs qu’elles confient à la vivifiante chaleur du soleil ; et des nuées d’oiseaux de mer y arrivent chaque printemps, pour le même objet. Mais à leur suite, arrivent aussi ces individus qu’on appelle des chercheurs d’œufs, et qui, lorsque leur cargaison est complète, font voile vers des marchés lointains, pour y échanger leur butin si mal acquis contre quelques parcelles de cet or pour la possession duquel semblent travailler tous les hommes.

Le vaisseau la Marion ayant, dans le cours de ses explorations, à visiter les Tortugas, je saisis avec empressement l’occasion qui m’était offerte de voir ces îles fameuses. Quelques heures avant le coucher du soleil, le joyeux cri de « terre » annonça que nous en approchions ; et comme il s’était élevé une brise fraîche, et que le pilote connaissait parfaitement toutes ces passes tortueuses, nous continuâmes d’avancer, et jetâmes l’ancre avant la tombée du crépuscule. Si vous n’avez jamais vu un coucher de soleil sous ces latitudes, je vous conseille de faire le voyage tout exprès ; car je doute qu’en aucun autre lieu du monde, l’astre du jour fasse ses adieux à la terre avec autant de magnificence et de pompe. Regardez ce grand disque rouge dont les dimensions semblent triplées ; une partie déjà vient de descendre sous la ligne des eaux profondes, tandis que l’autre moitié qui reste encore, inonde les cieux d’un flot de lumière ardente, et revêt d’une