Page:Audubon - Scènes de la nature, traduction Bazin, 1868, tome 1.djvu/82

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L’AIGLE À TÊTE BLANCHE.


La figure de ce noble oiseau est bien connue de par tout le monde civilisé ; blazonnée comme elle l’est sur notre étendard national qui flotte au vent de tous les climats, et porte, aux terres les plus reculées, le souvenir d’un grand peuple vivant dans un état de pacifique indépendance. Puisse cette pacifique indépendance durer toujours !

La grande force, l’audace, le courage et le sang-froid de l’aigle à tête blanche, joints à la puissance de son vol sans rival, en font un type éminemment remarquable parmi ses frères. Si, à toutes ces qualités, s’unissaient quelques dispositions généreuses, il pourrait alors être vanté comme un modèle de noblesse. Et cependant le caractère féroce, dominateur, tyrannique, qu’il déploie le plus souvent dans ses actions, est celui qui convenait le mieux à son état, et que le créateur, dans sa sagesse, a dû lui donner, pour le mettre mieux à même de remplir le rôle qu’il lui avait assigné.

Pour vous donner une idée du naturel de cet oiseau, permettez-moi, cher lecteur, de vous transporter sur le Mississipi. Laissez votre barque flotter doucement au courant des ondes, tandis qu’aux approches de l’hiver s’avancent, sur leurs ailes sifflantes, des bataillons d’oiseaux d’eau qui désertent les contrées du Nord, et cherchent une meilleure saison, sous des latitudes