Page:Auguste Rodin - Les cathedrales de France, 1914.djvu/161

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belles maisons anciennes ; il les a marquées, condamnées, il les démolira. — O belles maisons, attendez la pioche !


Pour moi, quand je parle des Cathédrales, au présent, je pense à tous nos villages de France ; au passé, je pense au génie de nos ancêtres ; au présent et au passé, je pense à la beauté des femmes de notre pays.


La nature, c’est le ciel et la terre, ce sont les hommes qui peinent et qui pensent entre ce ciel et cette terre, et ce sont aussi, déjà, les monuments que ces hommes ont dressés sur cette terre vers ce ciel.


… Sur tout cela, voici seulement des notes dénouées. On pourrait les multiplier ; il vaut mieux les réduire. — Elles vous invitent à regarder.


I


Dieu n’a pas fait le ciel pour que nous ne le regardions pas. La science est un voile : levez-le, voyez !

Cherchez la beauté.

Elle existe pour les bêtes, elle les attire. Elle détermine leur choix dans la saison de l’amour. Elles savent que la beauté est un signe, une garantie de bonté et de santé. — Mais les êtres qui pensent, qui croient penser, ignorent maintenant ce que les bêtes savent toujours. On nous forme pour le malheur. L’abominable éducation qu’on nous impose nous cache la lumière, dès l’enfance.


Cette fumée d’usines ne noircit pas le ciel.

Mais, au premier plan, ces haleines de l’industrie accablent l’étendue de voiles imperméables, pesants, qui détruisent la perspective et attristent nos regards.