Page:Auguste Rodin - Les cathedrales de France, 1914.djvu/185

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Plaine si belle, d’ordre si simple, si grand ! Les verdures y prennent un caractère, çà et là, grave. — Je retrouve ce mélange et cette harmonie chez les gens du pays, les femmes surtout : dans leurs traits, et dans l’accent de leur langage.


Trois allées de vieux tilleuls. C’est absolument la triple nef de la Cathédrale.


J’étais assis, je me lève : je n’avais vu que la moitié du paysage : il y avait encore une immense prairie couleur d’émeraude, d’admirables arbres, et ce pont, sur le fleuve lent, le pont qui a je ne sais quoi d’un temple égyptien dédié à la lune…


La simplification du paysage par le brouillard, où se fondent les prairies, les verdures, produit des effets grandioses. Ces bas-reliefs de la nature ne plaisent pas à ceux que charment les matières précieuses, — or, argent, pierres, — c’est à l’esprit qu’ils s’adressent, au sens supérieur qui perçoit la géométrie des formes. — La géométrie est divine. Elle nous parle au cœur, parce qu’elle est le principe général des choses.


Comme on regarde longuement sa maîtresse, avant de se séparer d’elle, comme on se retourne à plusieurs reprises, pour la revoir encore, et encore, je quitte ces beaux paysages comme on se détache d’un cœur aimé, aimant. Je les laisse en pleine gloire !


II


ENVIRONS DE MAGNY


Église de Montjavoult.

Le portail de cette église est un peu l’arc de triomphe romain, plus simple, carrément en relief adossé à l’église.

Quelle élégance ! La Vierge est dans le tympan, au milieu. L’homme