Page:Austen - Emma.djvu/4

La bibliothèque libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.


core avec nous ! Quel malheur que M. Weston ait pensé à elle !

— Il m’est impossible, papa, de partager votre avis, M. Weston est un si aimable, si excellent homme qu’il méritait bien de trouver une femme accomplie ; et vous ne pouviez pas souhaiter que Mlle Taylor demeurât avec nous toute sa vie à supporter mes caprices alors qu’il lui était loisible de posséder une maison à elle ?

— Une maison à elle ! Quel avantage y voyez-vous ? Celle-ci n’est-elle pas trois fois plus grande, et vous n’avez jamais de caprices, ma chère.

— Nous irons les voir très souvent et de leur côté, il viendront continuellement à Hartfield ; nous ne tarderons pas à leur faire la première visite.

— Ma chère, comment voulez-vous que j’arrive jusque-là ? Randalls est à une telle distance ! Je ne puis marcher si longtemps.

— Aussi papa, n’est-il pas question que vous alliez à pied. Nous irons en voiture, naturellement.

— En voiture ! Mais James n’aimera pas atteler pour si peu ; et les pauvres chevaux, que deviendront-ils pendant que nous ferons notre visite ?

— On les mettra dans l’écurie de M. Weston : c’est une affaire entendue. Quant à James vous pouvez être sûr qu’il sera toujours enchanté d’aller à Randalls où sa fille est femme de chambre. J’appréhende même qu’il ne consente plus désormais à nous conduire ailleurs ! C’est vous, papa, qui avez eu la pensée de proposer Anna pour cette bonne place.

— James vous en est si reconnaissant ! Je suis sûr qu’elle deviendra une excellente domestique : c’est une fille polie, de bonnes manières ; chaque fois que je la rencontre elle me tire la révérence et me demande très gracieusement de mes nouvelles. Quand vous l’avez

Outils personnels
Espaces de noms

Variantes
Actions
Lire
Contribuer
Imprimer / exporter
Boîte à outils