Page:Austen - Orgueil et Prevention 2.djvu/18

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
14
Orgueil

len dépendait de la sienne, et elle ne doutait point qu’il n’en fût lui-même persuadé. C’était un sujet en un mot sur lequel de long-temps on ne se lasserait de rêver. Élisabeth ne pouvait penser qu’à cela, et ses réflexions ne faisaient qu’accroître son inquiétude… : car, que les sentimens de Bingley fussent réellement changés, ou qu’il se laissât gouverner par ses sœurs, qu’il connût ou ne connût point l’impression qu’il avait faite sur le cœur d’Hélen (toutes circonstances qui devaient naturellement influer sur l’opinion qu’on pouvait se former de lui), le repos d’Hélen n’en était pas moins troublé.

Quelques jours s’écoulèrent, et Hélen n’avait point encore confié ses sentimens à Élisabeth ; mais un matin, Mme Bennet, après maintes réflexions encore plus fâcheuses que de coutume, sur le propriétaire de Netherfield, les ayant laissées toutes deux seules dans le salon, elle dit avec émotion :

« Oh ! si ma chère maman voulait ne