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Orgueil

bien élevé, fort supérieur en tout à sa sœur ; les dames de Netherfield auraient eu peine à croire qu’un homme occupé de commerce, et quittant rarement son comptoir et ses magasins, pût unir autant d’esprit à des manières aussi distinguées. Mme Gardener beaucoup plus jeune que Mmes Bennet et Philips, possédait toutes les qualités qui rendent une femme aimable ; elle était fort attachée à ses nièces de Longbourn, surtout aux deux aînées, qui souvent allaient à Londres passer plusieurs mois chez elle.

Le premier soin de Mme Gardener à son arrivée fut de distribuer ses présens et de décrire les modes nouvelles ; cela fini, elle eut un rôle moins actif à jouer, c’était à son tour d’écouter ; Mme Bennet avait divers sujets de se plaindre, et plus d’une histoire à raconter : ils avaient tous été cruellement tourmentés depuis la dernière visite de sa sœur ; elle s’était vue au moment de marier deux de ses filles, et après tout, ces mariages n’avaient point eu lieu.