Page:Aymar de Saint-Saud - Armorial des prélats français du XIXe siècle (1906).djvu/23

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.

8

ARMORIAL DES PRÉLATS

Les armoiries « dans l'ordre ecclésiastique ne sont donc, pas même accidentellement, un signe de noblesse. Elles n’indiquent qu’une dignité ou charge ecclésiastique, en sorte que tout dignitaire, noble ou non, par cela seul qu’il est en charge, a le droit et le devoir de s’en constituer de personnelles pour servir au besoin »[1]. S’il en a de famille ou autrement il les conservera, sinon il s’en composera, conformément aux règles qui régissent cette matière. « Les armoiries se substituant au clergé, qu’elles nomment et désignent, acquièrent par là une importance journalière que personne ne peut contester » (Barbier). — « Elles sont l’expression toute personnelle, tout individuelle de celui qui se les a choisies, car elles ne lui ont été octroyées ou imposées par personne »[2].

Les armoiries « ayant pour but immédiat de faire reconnaître les personnages dont elles précisent les dignités, ont par cela même une désignation éminemment utile et pratique » (Barbier). Elles dérivent des sceaux, c’est à-dire — comme on le verra dans le chapitre suivant — qu’elles prennent leur origine dans les sceaux, très usités par les ecclésiastiques à l’aurore du moyen âge. Chez eux, — et plus tard que chez les laïques, — les marques des sceaux se sont transformées en emblèmes héraldiques.

Nous ne pouvons résister à emprunter encore quelques lignes à l’étude de Mgr Barbier. « Les armoiries ecclésiastiques, dit-il, se placent en tête de tous les documents officiels, manuscrits ou imprimés, afin de faire voir du premier coup d’œil de qui ils émanent. Elles se gravent (pas toujours) sur le sceau..., reparaissent sur les panonceaux qu’on dresse aux portes des églises, monastères..., sur les vases sacrés, ornements d’église et les tentures dont on pare le lieu saint..., sur la chasuble..., la chape..., la tunique..., la dalmatique..., la mitre aux extrémités des fanons ». (Il sera bon, pour qui désire des détails là-dessus, de consulter ce travail du prélat poitevin.) Le Pontifical nous apprend que sur les petits pains et sur les barillets, offerts tant au sacre d’un évêque qu’à la bénédiction d’un Abbé, doivent figurer les « insignia consecratoris et electi habentia... Insignia... monasterii seu electi habentia ».

I. SCEAUX

Pone me ut signaculum, disons-nous en tête. « Oui! Employez-moi comme marque, comme indice de votre charge ecclésiastique, de votre caractère sacré. » Ainsi pourrait-on faire parler le Sceau. Le P. Ménestrier, qui est et restera toujours un maître et un guide en matière héraldique, écrivait dans

  1. Ces lignes sont extraites de l’article intitulé Armoiries ecclésiastiques, par Mgr Barbier de Montault, paru dans le tome XV de la Revue de l'Art chrétien et dans le tome VI de ses œuvres. J’y ferai de fréquents emprunts. Ce prélat a eu des détracteurs, je le sais, mais c’est un savant, et en la matière que je traite, je l’ai toujours trouvé d’accord avec les ouvrages que j’ai consultés. Toutes les fois que je mettrai : (Barbier), cela indiquera que je cite son étude.
  2. Armorial de l'Episcopat..., par Taupin d’Auge.