Page:Aymar de Saint-Saud - Armorial des prélats français du XIXe siècle (1906).djvu/34

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ORNEMENTS EXTÉRIEURS
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dextre de ce bord (sur le 2e et le 3e module du chef) avec fanons relevés et posés de chaque côté de la mitre. Les écussons de Mgr Schœpfer et de Dom Maréchal sont d’un excellent modèle à suivre.

Mgr Barbier récuse « aux chanoines et autres dignités, qui n’ont l’usage de la mitre qu’à titre de pontificaux[1], d’en timbrer leurs armoiries »[2]. Je connais cependant des protonotaires (v. g. Mgr Sallot de Brobèque) qui en ont timbré leur écu. En outré, l'Annuaire pontifical de 1902 dit, page 384, que les chanoines de certains chapitres, comme celui d’Aquin, peuvent poser la mitre sur leurs armes.

Quelques auteurs héraldistes, tels que d’Hozier, ajoutent qu’une mitre d’évêque doit être posée de champ, celle des abbés de trois-quarts. En cela ils voudraient établir une distinction semblable à la tare des casques, dont celui posé (taré) de face était censé indiquer une dignité supérieure à celui de trois-quarts ou de profil. Subtilités que tout cela !

§ 5. Crosse

« La crosse est l’insigne de la dignité épiscopale et le symbole du pouvoir ecclésiastique »[3]. Comme tel son usage remonte aux temps les plus reculés du Christianisme. « Accipe baculum pastoralis officii » est-il dit par l’évêque consécrateur au nouvel élu du Seigneur. Bède le Vénérable (VIIIe siècle) ajoute que l’évêque a sa crosse pour gouverner ses sujets et soutenir les faibles.

La forme actuelle, à volute recourbée, de la crosse latine (chez les Orientaux elle est tout autre) remonte au XIIe siècle, d’après la majorité des auteurs. Les Annuaires pontificaux de 1900 et 1901 consacrent à cette houlette des pages du plus haut intérêt archéologique.

Il est naturel qu’elle soit un des ornements du blason prélatice. Mgr Battandier cite le sceau de Pierre de Ferrières, archevêque d’Arles en 1307, où l'écu est posé sur une crosse en pal. Ce bâton pastoral occupa cette position héraldique pendant plusieurs siècles ; ce n’est guère qu’au XVIIe siècle qu’il a été placé, faisant pendant à la mitre ou à la croix, à un des angles de l’écu, tantôt à droite, tantôt à gauche (rarement).

De nos jours, il a quelquefois repris la place primitive (v.g. NN. SS. Oury à Dijon, Freppel à Angers, etc.).

Les abbés des monastères, bien avant saint Bernard, peut-être dès le VIe siècle, portaient la crosse.

« Dans le principe, que la crosse fut tournée à dextre ou à sénestre, en dedans ou en dehors (si elle est placée vers l’extrémité du chef de l'écu, devrait ajouter l’auteur) cela ne tirait pas à conséquence... En France, les évêques

  1. Les Pontificaux, ensemble de droits réservés à certains prélats, tels que célébrer la messe pontificalement.
  2. « In insigniis seu stemmatibus familiæ mitra non apponatur. » (Décret du is juillet 1823).
  3. Armorial des Cardinaux, etc., par Tausin.