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DEVISES
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(30, rue Duperré, Paris). Nul doute que ce livre ne contienne une étude intéressante et documentée sur les devises religieuses ; nous y renvoyons le lecteur. Nos savants amis, les RR. PP. Bénédictins de Solesmes, nous ont signalé la rareté des devises épiscopales pour les siècles antérieurs au XIXe ; ils auraient pu ajouter : jusqu’à la première moitié de celui-ci. Sur soixante missels du XVIIIe, qu'ils ont eu la gracieuseté de voir pour nous, ils n’ont trouvé de devises qu’à Mgr Dillon, archevêque de Narbonne en 1778, et à Mgr de Fitz-James, évêque de Soissons en 1745. Certains auteurs en mentionnent toutefois quelques autres à ces époques.

De nos jours, au contraire, compléter ses armoiries par une devise semble généralement passé en usage chez les prélats, alors qu’il y a quatre-vingts ou quatre-vingt-dix ans plusieurs d’entre eux ne portaient même pas celles de leur famille. Il s’agit de la France, bien entendu. Observons qu’en Espagne, en Belgique, en Angleterre, l’épiscopat catholique a des devises, mais pas en Italie, bien que M. Tausin cite des exceptions[1].

La devise de plusieurs évêques n’est souvent que celle de la congrégation ou de la société à laquelle ils appartiennent (v. g. Pauperes evangelizantur, pour les Oblats). Quelques-uns en ont deux. La devise est tantôt en haut, tantôt en bas, mais absolument séparée de l’écu, parfois enroulée autour de la crosse posée en pal, et retombant sur les côtés (v. g. Mgr Cléret, évêque de Laval), ce qui est gracieux.

Pour quelques-uns la devise est inscrite dans l’intérieur de l’écusson lui-même, sur le champ ou sur un des meubles (v. g. Mgr Favier, Mgr de Cheverus aux Etats-Unis, Mgr Isoard). Mgr de Cabrières a l’une des deux siennes en bordure de l’écu, mais c’est plutôt en raison d’un centenaire. En Espagne, au contraire, l’inscription de la devise dans l’écusson, ou en bordure dans le cartouche, est chose normale.

Nous nous servons du mot générique devise pour désigner ce que Gheusi[2] appelle : devise proprement dite ; âme, devise relative aux attributs qu’elle accompagne ; cri, sorte de mot de ralliement concis, de cri de guerre, très rare dans les armoiries ecclésiastiques.

  1. Armorial des Cardinaux, etc., éd. de 1887, p. 23.
  2. Le Blason héraldique, etc , p. 201.