Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/20

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OLIVIER-LE-DAIM, s’avançant.

Vous le croyez, sire ?

LE ROI.

Si je le crois, Olivier ? (avalant une gorgée de vin.) c’est La Balue que j’ai chargé de la négociation. Je compte sur La Balue : c’est un serviteur fidèle, celui-là.

OLIVIER-LE-DAIM.

Tellement fidèle que le Roi ne tardera pas à en être surpris !

LE ROI, posant son verre.

Que veux-tu dire ?

OLIVIER-LE-DAIM.

Moi, sire ? Rien. (A part.) laissons-lui sa bonne humeur. Elle m’est nécessaire.

LE ROI, se levant et allant à lui.

Qu’est-ce donc, maître Olivier ? Qu’avez-vous à murmurer ainsi entre vos dents ? Nierez-vous par hasard que je n’aie en main les cartes, et que l’avantage ne me soit revenu ?

OLIVIER-LE-DAIM.

Non pas, Sire. Il n’aurait pas été naturel que le plus fin joueur perdît sans cesse !

LE ROI.

Aussi ramasserai-je les enjeux, mes enfants. Donc, réjouissons-nous, Simon, et verse-nous ton vieux vin qui est le sang vermeil de la belle Touraine.

SIMON FOURNIEZ, remplissant le verre du roi.

Il est à vous, Sire !

Les valets et les pages portent la table dans un coin de la salle et préparent le fauteuil du Roi.

LE ROI, après avoir bu.

Et maintenant, je vais te montrer que, si tu m’aimes, tu n’as pas affaire à un ingrat.

SIMON FOURNIEZ.

Ah ! Sire !