Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/27

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page n’a pas encore été corrigée


veut, et qu’il faut me laisser du temps pour que je lise plus clairement en moi-même.

SIMON FOURNIEZ.

Autant laisser à un chat le temps de dévider un peloton de fil ! Ah ! Tu ne veux pas de mari ! Eh bien, je te promets une chose, c’est que tu en auras un avant qu’il soit peu.

LOYSE.

Non, mon père, laissez-moi libre, avec mes fleurs, au grand air et au grand soleil !

SIMON FOURNIEZ, outré.

Au grand soleil ! (au Roi.) Sire, ordonnez-lui de m’obéir.

LE ROI.

Ah ! Simon, ici, je ne suis pas le roi !

LOYSE, avec câlinerie.

Mon bon père, gardez-moi. Ne me chassez pas.

SIMON FOURNIEZ.

Tiens, sais-tu ce que je finirai par faire, un beau jour ? Je t’enfermerai à double tour dans ta chambre, et tu n’en sortiras que lorsque tu seras soumise à ma volonté.

LOYSE, avec une révérence.

Ne vous fâchez pas, mon père. J’irai moi-même. J’y vais tout de suite, mais (joignant les mains) ne me mariez pas. (au Roi.) au revoir, mon parrain !

LE ROI.

Pauvre Loyse !

LOYSE sort avec une gracieuse mutinerie enfantine.

SCÈNE III.
LE ROI, SIMON FOURNIEZ, NICOLE ANDRY, OLIVIER-LE-DAIM.
LE ROI.

Tu l’as encore mise en fuite, Simon !

SIMON FOURNIEZ.

Je veux la réduire à l’obéissance ! C’est à moi de montrer