Page:Banville - Gringoire, 1890.djvu/28

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de la fermeté, puisque Votre Majesté n’a pas voulu décider sa filleule à être heureuse !

LE ROI.

Bah ! Les gens n’aiment pas plus à tenir leur bonheur des mains d’un autre que les anguilles à être écorchées vives !

OLIVIER-LE-DAIM.

Ceux dont parle Votre Majesté sont les ingrats.

LE ROI.

Autant dire : tout le monde !

SIMON FOURNIEZ.

Ah ! Sire, je suis un père volé, assassiné. Adieu mon ambassade ! Je ne verrai pas vos batteurs de cuivre.

LE ROI.

Calme-toi. Le refus de Loyse tient tout simplement à ce qu’elle n’aime encore personne. Il ne s’agit que de chercher celui qu’elle peut aimer.

NICOLE, au roi.

Et notre Loyse n’aura plus guère souci de tant voir les pays lointains, le jour où quelqu’un sera devenu pour elle tout l’univers !

LE ROI.

Bon ! Mais encore faut-il trouver ce quelqu’un. (on entend au dehors un grand bruit et des éclats de rire prolongés.) Quel est ce tumulte ? (Simon Fourniez va à la fenêtre à droite, et tout à coup éclate de rire.) Qu’est-ce donc ?

SIMON FOURNIEZ, riant.

Sire, c’est Gringoire !

OLIVIER-LE-DAIM, à part.

Gringoire ! Ici ! Les maladroits le laissent approcher de cette place !

SIMON FOURNIEZ.

Oh ! Le voilà devant la boutique de mon voisin le rôtisseur. Ses yeux semblent vouloir décrocher les poulets dorés. Il mange la fumée, Sire ! Ma foi, Gringoire est un drôle de corps.