Page:Banville - La Lanterne magique, 1883.djvu/209

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Première Douzaine



1. — ERNEST RENAN

Une tête très-jeune, savante, modeste, chercheuse, puissante, toute spirituelle, mais il faut bien le dire, — écarlate. La bouche interroge et persuade, l’œil veut percer la lumière et les ténèbres, les cheveux sont aplatis pour ne pas gêner et pour ne rien déranger à ce perpétuel travail. Mais l’auteur de la Vie de Jésus a piqué une tête dans les flammes de la pensée, et il en est resté tout allumé. Le fervent et poétique apôtre de l’Incrédulité est rouge comme Falstaff, tant il est vrai que les extrêmes se touchent ! Le vin de l’Idéal a cardinalisé le nez d’Ernest Renan, comme le vin d’Espagne celui de Bardolphe. Ô nature, grande ironique !


2. — MADELEINE BROHAN

Les yeux larges et brillants sous de riches sourcils, la bouche sensuelle et chaste, la lourde chevelure, le profil