Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/28

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part du temps il est le seul usité pour l’Épopée et pour la Comédie (qui cependant peuvent aussi l’une et l’autre être écrites en vers de dix syllabes ou eu vers de huit syllabes), il est également le seul vers employé dans la Tragédie et dans la Satire. Les vers des autres mesures s’emploient, dans l’Ode, dans le Sonnet, dans le Rondeau, dans le Rondeau redoublé, dans la Rallade, dans le Dixain, dans l’Octave, dans le Chant Royal, dans le Lai, dans le Virelai, dans la Villanelle, dans le Triolet, dans l’Épigramme et dans le Madrigal. Avant d’examiner à leur tour chacun de ces genres différents, nous allons d’abord indiquer le plus nettement et le plus rapidement possible les règles matérielles et mécaniques de la versification, puis étudier ensuite le génie essentiel du Vers français, et les moyens multiples qu’il emploie pour tout peindre, pour tout imiter, pour tout créer, avec la puissance d’un instrument auquel rien n’est impossible et qui peut exprimer avec la même perfection les aspects les plus compliqués des choses matérielles et les plus idéales aspirations de l’âme humaine.

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