Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/284

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PIERRE DE RONSARD

1524—1585



En tête de l’édition de 1623, publiée par Nicolas Buon, on voit encadrées dans une bordure de rinceaux sur lesquels retombe élégamment une lourde guirlande de fruits et de fleurs, les effigies de Pierre de Ronsard et de sa Cassandre. L’amante du poëte est, comme lui, représentée de profil. Elle est coiffée, ainsi qu’une hétaïre de Corinthe, d’une manière compliquée et savante, avec des bandeaux en ondes qui se terminent par une frisure très-crêpée, tandis que la chevelure, disposée par derrière en rouleaux et en torsades relevés en l’air, se pare d’un diadème à plaques oblongues délicatement ciselées et d’une féronnière de perles. La belle Cassandre, avec son long col héroïque, avec sa gorge nue que laisse voir une draperie ouverte, donnerait à peu près l’idée d’une femme grecque, si l’œil beaucoup plus grand, la lèvre plus charnue, la ligne droite