Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/32

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syllabe ne compte pas, et on prononce comme s’il y avait :


É-tant tout ce que Dieu peut a-voir de vi-si-bl’ (12).


Ainsi un vers féminin de douze syllabes contient toujours en réalité treize syllabes au moins, bien que métriquement il n’en ait que douze. Comme nous l’avons vu tout à l’heure, il peut contenir plus de treize syllabes sans cesser d’être métriquement un vers de douze syllabes ; cela tient à ce qu’une ou plusieurs syllabes du vers disparaissent par élision.

On nomme élision la suppression de la dernière syllabe d’un mot, qui se confond dans la prononciation avec la première syllabe du mot suivant. L’élision a lieu lorsque, dans le corps d’un vers, la dernière syllabe d’un mot est terminée par un e muet, et que le mot qui suit commence par une voyelle ou par un h non aspiré.

Ainsi dans ce vers :


L’aurore apparaissait ; quelle aurore ? Un abîme.


Le mot aurore se terminant par un e muet et le mot apparaissait commençant par la voyelle a, la syllabe re s’élide ou se confond avec la syllabe ap. Le mot quelle se terminant par un e muet et le mot aurore qui le suit commençant par la