Page:Banville - Petit Traité de poésie française, 1881.djvu/33

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voyelle a, la syllabe le s’élide ou se confond avec la syllabe au. Le mot aurore se terminant par un e muet et le mot un commençant par la voyelle u, la syllabe re s’élide ou se confond avec la syllabe un. De plus, l’e muet final du vers ne se prononçant pas, comme nous l’avons dit, on prononce et on compte comme s’il y avait :


L’au ro-r’ap-pa-rais-sait ; — quel-l’au-ro-r’un-a-bim’ (12).


Dans le vers suivant, tiré de L’An neuf de l’Hégire, Légende des siècles :


Chaque houri, sereine, incorruptible, heureu-se,


le mot chaque se terminant par un e muet, mais l’h qui commence le mot houri étant aspiré, la syllabe que comptera et ne s’élidera pas. La syllabe ne de sereine s’élidera avec la syllabe in d’incorruptible. Le mot incorruptible se terminant par un e muet, et le mot heureuse commençant par un h non aspiré, la syllabe ble s’élidera avec la syllabe heu, et nous prononcerons et compterons ainsi :


Cha-que hou-ri, — se-rei-n’in-cor-rup-ti-bl’heu-reus’.


Dans notre vieille poésie, non-seulement l’e muet s’élidait, mais les cinq voyelles (excepté l’é accentué) pouvaient s’élider ; ce qui permettait de