Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/11
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- Xantippe.
- Par Hécate ! J’en sais de belles !
- Socrate.
- Ah ! vraiment ?
- Xantippe.
- Alcibiade, pris d’un sage mouvement,
- T’offre un présent d’argent et d’or. Tu le renvoies.
- Socrate.
- C’est dans notre vertu qu’il faut trouver des joies.
- Xantippe.
- Charmide envoie ici des esclaves, afin
- Qu’ils travaillent pour nous ; mais toi, le trait est fin,
- Tu les chasses d’ici, car toujours tu me braves.
- Socrate.
- Pas du tout. Qu’avions-nous besoin de ces esclaves ?
- Xantippe.
- Le gain de leur labeur eût accru notre bien.
- Socrate.
- Il est riche, celui qui n’a besoin de rien.
- Xantippe.
- Et que mangerons-nous ? Du vent ? De la fumée ?
- Toi, l’on te voit, selon ta vie accoutumée,
- Enseignant aux passants l’art subtil de savoir
- Prouver que, si le noir est blanc, le blanc est noir.
- Encor, s’ils te payaient les mots avec largesse,
- Et si tu leur vendais trois drachmes la sagesse !