Page:Banville - Socrate et sa Femme, 1886.djvu/24

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Dans la foule mêlé, Dracès eut l’âme prise.
Xantippe.
Comme les autres ! Va, nul homme ne vaut rien.
Myrrhine.
Depuis ce jour, il suit Socrate comme un chien.
Dès le matin, sous les portiques, au Pœcile,
On peut voir à sa suite errer mon imbécile.
Cependant, l’héritage où sa vigne fleurit,
Son verger, son jardin…
Xantippe.
Son verger, son jardin…Sa femme…
Myrrhine.
Son verger, son jardin…Sa femme…Tout périt.
Oui, Dracès, n’est-ce pas que la chose est indigne ?
M’abandonne.
Xantippe.
M’abandonne.Et tu veux qu’il retourne à sa vigne !
Myrrhine.
Mais je verrai Socrate. On dit qu’il est moqueur,
Tant mieux. Je lui dirai ce que j’ai sur le cœur.
Xantippe.
Fort bien.
Myrrhine.
Fort bien.Il entendra mes plaintes.
Xantippe.
Fort bien.Il entendra mes plaintes.À merveille,
Ma sœur.