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semblée législative, il est ridicule de présenter ici, comme on l’a fait, Condorcet comme un nouvel Omar faisant brûler les immenses travaux des congrégations savantes, qui d’ailleurs ne furent point brûlés.

Manque la fin de cette leçon.



TROISIÈME LEÇON


La durée de l’Assemblée législative fut courte (1 oct. 91 — 21 sept. 92) Son œuvre : faire vivre dans les circonstances données la constitution monarchique, léguée par l’assemblée précédente, était impossible. Elle ne s’était, en quelque sorte, réunie que pour assister, impuissante et complice, à l’agonie de la royauté. Ce fut sous cette assemblée qu’eut lieu (20 juin) un premier envahissement des Tuileries par le peuple des faubourgs, où le roi fut forcé de se coiffer du bonnet rouge, et bientôt (10 août) un nouvel envahissement qui le contraignit de venir demander un asile à l’assemblée, d’où il ne sortit que pour être enfermé au Temple. Ce fut aussi aux derniers jours de cette assemblée qu’eurent lieu les massacres de septembre (2-5 sept.). Je n’ai point à raconter ici ces événements connus de tous. Je dois seulement parler du rôle ou de l’attitude de Condorcet dans ce même temps.

La Révolution du 10 août, qui avait pour but de substituer la république à la monarchie, ou plutôt à son fantôme, ne pouvait manquer d’exciter les sympathies de Condorcet il s’était prononcé, avant même la fin de la Constituante, en faveur de la république, et la nouvelle expérience que la Législative venait de faire de la monarchie n’était pas de nature à la ramener. Qu’il y ait