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Condorcet en état d’arrestation. L’Assemblée décréta, sans autre information, que le député de l’Aisne serait arrêté et les scellés apposés sur ses papiers. Plus tard, le 3 octobre 1793, pendant qu’il était caché, comme je vais le montrer, au milieu même de Paris, son nom se trouve mêlé, avec ceux de Brissot, de Vergniaud, de Gensonné, de Valazé[1], dans la liste des conventionnels traduits devant le tribunal révolutionnaire comme coupables de conspiration contre l’unité de la république et condamnés à mort. Contumax, Condorcet fut mis hors la loi et inscrit sur la liste des émigrés. On confisqua ses biens.

On raconte que Malesherbes, accusé devant le tribunal révolutionnaire, d’avoir conspiré pour établir en France une république fédérative, s’écria « Si au moins cela avait le sens commun ! » Condorcet aurait pu en dire autant. Il était contre le sens commun de condamner pour cause de conspiration contre l’unité de la république un homme qui s’était toujours montré un des plus fermes partisans de cette unité.

Manquent les pages 6 et 7 de cette leçon.

Condorcet avait trouvé un asile dans une maison de la rue Servandoni, voisine du jardin du Luxembourg, maison appartenant à une dame Vernet (parente des peintres de ce nom), femme d’un cœur admirable. — « Madame, lui dirent deux amis de Condorcet, MM. Boyer et Pinel, nous voudrions sauver un proscrit ! — Est-il honnête homme, demanda-t-elle ? — Oui, Madame. — En ce cas qu’il vienne — Nous allons vous confier

  1. Soit Charles-Éléonor Dufriche de Valazé, député de l’Orne. — O. K.