Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 1.djvu/165

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tin[1], quy est l’onsieme de novembre, sy ce n’est qu’ils soint sur la fin d’un siege, et que le general demande encores trois jours en sa faveur, apres lesquels expirés ils ont pouvoir de couper impunement les cordages des tentes du dit general, et, le lendemain, de piller la proviand[2] (quy est le magasin des vivres), et puis s’en aller sans autre ordre : et comme cette année la le dessein des Turcs ne fut autre que d’avittailler la ville de Bude, quy patissoit et commençoit d’estre affamée, le sardar bascha (quy est leur general), creut avoir satisfait a ses ordres, l’ayant suffisamment proveue de vivres pour deux ans ; de sorte qu’il ne voulut point retenir l’armée en campaigne plus longuement que leur coustume ordinaire, et deslogea du camp ou il estoit logé depuis trois mois, pour s’en retourner a Belgrade, et, de la, licencier l’armée : dont le general fut averty le jour de la Saint Martin au soir, comme je jouois a la prime avesques luy dans sa tente, par un homme que luy envoya celuy quy commandoit dans Pest, quy avoit veu leur deslogement et avoit envoyé quelques hussards costoyer la riviere jusques a Belgrade, dont il luy mandoit qu’il luy donneroit avis de temps en temps jusques a ce que l’armée fut desbandée : ce qu’il fit le lendemain, et le jour d’apres, quy estoit le 13e, il l’asseura que

  1. Ils nomment le jour de Saint-Martin, Demetrius a.
    (Addition de l’auteur.)

    a. C’est-à-dire qu’en Hongrie on célèbre le 11 novembre la fête de saint Demestrius.

  2. C’est dans la langue militaire allemande que l’approvisionnement de bouche se nomme le proviant.