Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 1.djvu/255

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la campagne, comme je faisois parfois de pareilles esquipées. En fin mon vallet, craignant que je ne mourusse, ou ne perdisse le sens, dit a Mr de Pralain, quy [m’aymoit fort, l’estat ou j’estois, lequel me vint trouver pour me divertir ; aussy que l’on m’envoya me commander de vivre, ce que je fis par son commandement, et par les persuasions de Mr de Pralain, quy][1] m’amena ce soir mesme a la court, ou d’abord j’estonnay tout le monde de me voir en deux jours sy amaigri, palle, et changé, que je n’estois pas reconnoissable.

Mars. — Deux ou trois jours apres, Mr le Prince se desclara de vouloir espouser Mlle de Montmorency, et me rencontrant, me dit : « Monsieur de Bassompierre, je vous prie de vous trouver cette apres disnée cheux moy, pour m’accompagner cheux madame d’Angoulesme, ou je vas offrir mon service a Mlle de Montmorency. » Je luy fis une grande reverence, mais je n’y allay point.

Cependant, pour ne demeurer oisif, et me reconforter de ma perte, je me divertis en me raccommodant avesques trois dames que j’avois entierement quittées, pensant me marier : l’une desquelles fut Antragues, que je vis cheux madame de Senteny, et les autres par rencontre, sans y penser, et m’y rembarquay.

Sur le commencement de l’année 1609, ma mere s’en retourna en Lorraine.

Mr le Prince [continua sa recherche, et][2] en fin

  1. Inédit.
  2. Inédit.