Page:Bassompierre - Journal de ma vie, 1.djvu/322

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On mit sur pié les compagnies de gensdarmes et de chevaux legers du roy pour accompagner Sa Majesté lors qu’elle iroit aux champs, chascune composée de deux cens maitres ; et celle de gensdarmes passa en ce mesme temps par la ville de Paris, en tres bel esquipage.

Mr le duc de Guyse, des le vivant du feu roy, avoit commencé fort secrettement la recherche de madame de Montpensier[1] ; mais il ne s’osoit descouvrir, parce que le roy y eut difficilement consenty. Apres sa mort, cette affaire se reschauffa, et bien que Mr le Comte et Mr d’Espernon[2] fissent quelques efforts pour en empescher la perfection, et que madame de Verneuil eut fait bruit de certains articles de mariage, neammoins il se paracheva vers le caresme prenant[3], en l’hostel de Montpensier a la rue de Grenelle ; quy est maintenant celuy de Bellegarde.

Il arriva, trois jours apres ces noces[4], que Mr le

  1. Henriette-Catherine, duchesse de Joyeuse, fille de Henri de Joyeuse, comte du Bouchage, puis duc de Joyeuse, et de Catherine de Nogaret ; née le 8 janvier 1585, mariée : 1o en 1597 à Henri de Bourbon, duc de Montpensier, dont elle fut veuve en 1608 ; 2o en 1611 à Charles de Lorraine, duc de Guise ; morte le 25 février 1656.
  2. La duchesse de Montpensier était nièce du duc d’Épernon ; le comte de Soissons recherchait Mlle de Montpensier pour son fils.
  3. Suivant le journal de l’Estoile, le mariage fut célébré le mercredi 5 janvier, à 4 heures du matin.
  4. La querelle des deux princes eut lieu le 10 janvier, c’est-à-dire cinq jours après le mariage du duc de Guise (Mercure françois, t. II, année 1611, fol. 2. — Relation manuscrite, 500 Colb. t. XII. fol. 123). — C’est à tort que l’auteur place cette affaire en mars.