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VI


(Voir p.95).


M. de Bassompierre était-il fondé à prétendre que le comte d’Auvergne n’était pas rétabli dans sa bonne fame et renommée ? Le texte des lettres de commutation de peine, rapporté dans les manuscrits de Dupuy, contredit cette assertion. On y lit en effet :

« Arrest de verification pure et simple sur les lettres y inserées tout au long, obtenues par Mrs les comtes d’Auvergne et d’Antragues le 15 avril 1605 pour la commutation de la peyne de mort en prison perpetuelle, en quoy ils avoyent esté condampnéz par arrest du parlement du premier febvrier 1605. Extrait des registres du parlement. »

« Henry, etc..... avons commué et commuons la peine de mort desd. comte d’Auvergne et sr d’Antragues en prison perpetuelle aux lieux et soubz telle garde qu’il sera cy apres par nous particulierement desclaré, a laquelle peyne de prison perpetuelle nous avons moderé et moderons l’arrest de nostre dite court, les remettant a cette fin en tous et chascuns leurs biens, mesme en leur bonne fame et renommée, sans toutes fois en ce comprendre les charges et offices dont ils ont esté pourveuz par les roys noz predecesseurs ou par nous, etc....... Donné a Paris le xve jour d’apvril l’an de grace mil six cent cinq. »

« La court entherinant lesdites lettres ordonne que les supplians jouiront du contenu en icelles. » (Du 22 août 1605.)

(Manuscrits de Dupuy, no 32, fol. 166 et 167.)


Toutefois M. de Praslin avait raison de dire que le comte d’Auvergne n’était ni déclaré innocent, ni absous (voir p. 97) ; car la commutation de peine accordée par le roi Henri IV avait modéré, et non infirmé le jugement, et la reine avait mis le comte d’Auvergne en liberté sans autre forme de procès.