Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/270

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d’une terreur fausse ou vraie ; un homme qui saute par la fenêtre, et
l’autre après qui avoue… ou qui prétend que c’est lui… le fil
m’échappe. Il y a là-dedans une obscurité… Des libertés chez mes
vassaux, qu’importe à gens de cette étoffe ? Mais la Comtesse ! si quelque
insolent attentait… où m’égarai-je ? En vérité quand la tête se monte,
l’imagination la mieux réglée devient folle comme un rêve ! --Elle
s’amusait ; ces ris étouffés, cette joie mal éteinte ! --Elle se respecte,
et mon honneur… où diable on l’a placé ! De l’autre part où suis-je ?
Cette friponne de Suzanne a-t-elle trahi mon secret ? comme il n’est pas
encore le sien… Qui donc m’enchaîne à cette fantaisie ? j’ai voulu
vingt fois y renoncer… Étrange effet de l’irrésolution ! si je la
voulais sans débat, je la désirerais mille fois moins.--Ce Figaro se
fait bien attendre ! il faut le sonder adroitement. (Figaro paraît dans
le fond ; il s’arrête.) et tâcher, dans la conversation que je vais
avoir avec lui, de démêler, d’une manière détournée, s’il est instruit
ou non de mon amour pour Suzanne.


Scène xx

V.


LE COMTE, FIGARO.
FIGARO, à part.

Nous y voilà.

LE COMTE.

…s’il en sait par elle un seul mot…

FIGARO, à part.

Je m’en suis douté.

LE COMTE.

…je lui fais épouser la vieille.