Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/310

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crit en riant.

Ah !… le cachet… celui-ci, Madame, est plus gai que celui du
brevet.

LA COMTESSE, avec un souvenir douloureux.

Ah !

SUZANNE cherche sur elle.

Je n’ai pas d’épingle à présent !

LA COMTESSE détache sa lévite.

Prends celle-ci. (le ruban du Page tombe de son sein à terre) Ah ! mon
ruban !

SUZANNE le ramasse.

C’est celui du petit voleur ! vous avez eu la cruauté !…

LA COMTESSE.

Fallait-il le laisser à son bras ? c’eût été joli ! donnez donc.

SUZANNE.

Madame ne le portera plus, taché du sang de ce jeune homme.

LA COMTESSE le reprend.

Excellent pour Fanchette… le premier bouquet qu’elle m’apportera.


Scène xx

IV.


UNE JEUNE BERGÈRE, CHÉRUBIN en fille ; FANCHETTE, et beaucoup de
jeunes filles habillées comme elle et tenant des bouquets.

LA COMTESSE, SUZANNE.
FANCHETTE.

Madame, ce sont les filles du bourg qui viennent vous présenter des
fleurs.

LA COMTESSE serrant vîte son ruban.

Elles sont charmantes : je me reproche, mes belles petites, de ne pas
vous connaître toutes. (montrant