Page:Beaumarchais - Œuvres choisies, édition 1913, tome 2.djvu/313

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 COMTESSE.

Hé bien ! Monsieur, à votre tour ; l’aveu de cette enfant, aussi naïf que
le mien, atteste enfin deux vérités : que c’est toujours sans le vouloir,
si je vous cause des inquiétudes, pendant que vous épuisez tout, pour
augmenter et justifier les miennes.

ANTONIO.

Vous aussi, Monseigneur ? Dame ! je vous la redresserai comme seule sa
mère, qui est morte… Ce n’est pas pour la conséquence ; mais c’est que
Madame sait bien que les petites filles, quand elles sont grandes…

LE COMTE déconcerté, à part.

Il y a un mauvais génie qui tourne tout ici contre, moi !


Scène xx

VI.


LES JEUNES FILLES, CHÉRUBIN, ANTONIO, FIGARO, LE COMTE, LA COMTESSE,
SUZANNE.
FIGARO.

Monseigneur, si vous retenez nos filles, on ne pourra commencer ni la
fête ni la danse.

LE COMTE.

Vous, danser ! vous n’y pensez pas. Après votre chûte de ce matin, qui
vous a foulé le pied droit !

FIGARO, remuant la jambe.

Je souffre encore un peu ; ce n’est rien. (aux jeunes filles) Allons,
mes belles, allons.

LE COMTE le retourne.

Vous avez été fort heureux que ces couches ne fussent que du terreau
bien doux !

FIGARO.