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pour vous que je partage avec tous ceux qui savent apprécier le vrai talent. J’ai toujours eu la crainte qu’en vous prévenant d’avance, votre modestie, compagne inséparable du vrai mérite, ne m’eût défendu de profiter d’une occasion qu’il m’a fait tant de plaisir et de satisfaction de pouvoir saisir. —

Agréez etc.






35. Berthollet à Berzelius.
20 décembre 1819.

Monsieur,

Il est bien temps que je vous rappelle les sentiments que vous avez inspirés pendant le séjour trop court que vous avez fait parmi nous. Vous nous aviez inspiré une profonde estime, mais vous avez fait chérir votre personne : vous pouvez compter au nombre de vos amis sincères tous ceux qui ont pu former ici des liaisons avec vous et tous, nous désirons également de vous revoir. Permettez-moi d’espérer que nous aurons encore ce plaisir. Vous savez que vous avez à Arcueil un appartement, un laboratoire, un cabinet de physique, une petite bibliothèque ; je ne parle pas d’un jardin : Uranie vous fait négliger Flore et Pomone.

Il me semble qu’après une léthargie de six ans je me réveille un peu pour la chimie ; au moins elle va entrer dans mes distractions, j’ai un jeune homme, un frère de M. Berard91 que j’ai eu pendant quelques années : il est formé aux manipulations. Il s’occupe à présent à mettre mon laboratoire en bon état ; j’espère que vous le trouverez, lorsque vous reviendrez, plus complet et mieux disposé pour les découvertes que vous voudrez bien y faire.

Je ne vous parle pas de ce qui se passe en chimie : vous trouvez tout l’essentiel dans les journaux scientifiques et particulièrement dans les Annales de Physique et de Chimie qui vous parviennent sans doute régulièrement.