Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 1.djvu/20

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subsister la France républicaine, mais c’était anéantir la France impériale. N’importe : l’Empereur se résigne. Pour mieux rassurer les esprits, il remplace, au ministère des affaires étrangères, le duc de Bassano par le duc de Vicence, aimé du Czar. Et quand ce sacrifice est accompli, quand le duc de Vicence a écrit aux alliés que Napoléon consent à acheter la paix au prix de tant de conquêtes perdues, les alliés reviennent sur ce qu’ils ont eux-mêmes proposé, et ils lancent sur la France trois grandes armées ! Quel moment pour accuser Napoléon de tyrannie que celui où de toutes parts le territoire était envahi ! Mais que peuvent les considérations d’honneur contre le déchaînement des Intérêts ? MM. Flaugergues, Raynouard, Gallois, Maine de Biran, Lainé, font revivre contre l’Empereur étonné la vieille opposition des parlements. Il répond à ces attaques par l’établissement de la dictature. Puis, confiant dans son génie et dans la fortune de la France, il se prépare à courir une fois encore au-devant des batailles. Ce fut une nuit solennelle que cette nuit du 25 janvier 1814, dans laquelle Napoléon, après avoir brûlé ses papiers secrets, embrassa sa femme et son fils. Il ne devait plus les revoir !

Que ce départ fut le signal d’un nouvel embrasement du monde, la bourgeoisie pouvait le craindre assurément et s’en effrayer. Mais on ne saurait sans injustice faire retomber sur la tête de Napoléon la responsabilité de ces derniers combats. Les confé-