Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 1.djvu/22

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depuis bien des siècles la fumée d’un camp ennemi, il y avait une bourgeoisie ardente à la paix ; il y avait des banquiers rêvant emprunts au bruit des victoires ; des industriels, des commerçants, tous ceux qui souffraient du duel à mort engagé entre Napoléon et l’Angleterre, tels furent les chefs véritables de la défection qui ouvrit aux étrangers les portes de Paris.

Paris, en 1814, pouvait-il se défendre, ne fut-ce que deux jours de plus ? Cette question a été résolue négativement par la plupart de ceux qui ont écrit sur cette sombre époque de notre histoire. Disons quel était l’état des choses[1], au point de vue militaire.

La direction du casernement de Paris et des environs peut recevoir vingt mille hommes à deux par lit. Eh bien, en mars 1814, les soldats étaient couchés à trois par lit, et les greniers des bâtiments étaient occupés par des hommes serrés l’un contre l’autre et couchés sur la paille. De sorte que le nombre des soldats alors casernés dans Paris peut être évalué au moins à trente mille.

On aurait pu tirer parti :

1° De plus de deux mille officiers sans emploi qui étaient venus demander du service au ministère ;

  1. Les renseignements que nous consignons ici sont tirés d’une note qui nous a été communiquée, et qui est écrite de la main même d’un des officiers supérieurs chargés en 1814 de la défense de Paris. Cet officier supérieur est aujourd’hui pair de France.