Page:Blanc - Histoire de dix ans, tome 2.djvu/459

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démarches contribuèrent beaucoup, en effet, à l’acceptation des 18 articles[1].

Mais l’Angleterre avait obtenu ce qu’elle désirait, et ne s’était pas engagée. Aussi, lorsque M. de Talleyrand lui présenta la note convenue, elle répondit par un refus dont la forme polie ne couvrit qu’imparfaitement l’insolence[2]. Ici encore, M. de Talleyrand venait d’être joué.

  1. Nous avons sous les yeux deux lettres écrites à M. Walewski par M. Zaluski. Voici ce que nous y lisons :
    « Bruxelles, le 8 juillet 1831.XXXXXX
    « Mon cher Walewski,

    Les discussions au congrès ne sont pas encore terminées, mais l’acceptation des propositions de la Conférence n’est pas douteuse… Il faut que je vous fasse remarquer que la considération de la question polonaise a, surtout, puissamment contribué à ramener beaucoup de membres du congrès de l’opinion contraire à l’acceptation des propositions. Les adversaires de cette mesure avaient un coté généreux à exploiter,

    qui était l’abandon de Venloo ; on leur a opposé aussi un côté généreux, en leur représentant les vrais intérêts de la Pologne, etc. »
    « Bruxelles, le 10 juillet 1831.XXXXXX
    « Mon cher Walewski,

    Je vous ai annoncé hier l’acceptation par le congrès des 18 articles. Aujourd’hui, je crois devoir vous prévenir que la considération de la question polonaise a grandement contribué à amener ce résultat de l’aveu de quantité de membres du congrès. Je tâche maintenant de tirer parti de cette circonstance pour obtenir une reconnaissance de notre gouvernement national par le nouveau roi. M. Lebeau, qui se oharge de cette lettre, veut nous aider de tous ses moyens, etc… »

  2. Voici la note de lord Palmerston, dont nous avons eu communication :

    « Le soussigné, etc. etc., en réponse à la note que lui a présentée l’ambassadaur de France à l’effet d’engager le gouvernement Britannique à intervenir, de concert avec la France, dans les affaires de Pologne par une médiation qui aurait pour but d’arrêter l’effusion du sang et de procurer à la Pologne une existence politique et nationale,

    A l’honneur d’informer S. E. le prince de Talleyrand que, malgré tous les désirs que pourrait avoir le roi de la Grande-Bretagne de concourir avec le roi des Français à toute démarche qui pourrait consolider la paix en Europe, surtout à celte qui aurait pour effet de faire cesser la guerre d’extermination dont la Pologne est aujourd’hui le théâtre, S. M. se voit forcée de déclarer :

    Qu’une médiation toute officieuse, vu l’état actuel des événements,