Page:Bloy - Les Dernières Colonnes de l’Église, Mercure de France, 1903.djvu/20

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vers le ciel. L’imagerie pieuse affamée de lyrisme rugissait dans toutes les boutiques sulpiciennes. Coppée converti, ce monde affligé crut entendre la musique des sphères. Lui-même l’a si bien compris que, dès l’épigraphe, il se compare nettement à Lazare, l’ami du Seigneur. Empruntant un texte fameux de saint Jean : « Cette maladie, déclare-t-il, n’est pas pour la mort, mais pour la gloire de Dieu. » Quelle maladie ? La sienne propre, évidemment, cet aimable et joyeux gâtisme envoyé pour encourager nos déliquescences. Ce bon souffrant parle de « la résignation avec laquelle il a toujours accepté les disgrâces de la vie ». Beati mites, ajoute-t-il dans la candeur de son vieux cœur. Et, par là, tout est expliqué. Dieu est son ami parce qu’il est un doux et, selon la suite du texte, il possédera la terre : « Beati mites, quoniam ipsi possidebunt terram. »

L’étonnement cesse, d’ailleurs, aussitôt qu’on apprend qu’ayant eu « le cœur vraiment filial » il a eu pour mère « une immaculée ». « Il faudrait une plume exquise et légère que je n’ai pas,