Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/23

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CELUI QUI FRAPPE…






Par une triste nuit sans lune
Noire ainsi qu’un vilain péché,
Sous ma chaude couette brune
Dans mon lit-clos j’étais couché ;

Tout à coup j’entends sur ma porte
Heurter d’une brutale main :
— « Holà ! qui frappe de la sorte ? »
— « C’est un pauvre chercheur de pain !… »

— « Il est tard et ma huche est vide !
« De mon seuil il faut déguerpir !… »
Et, dehors, dans la nuit livide,
J’entendis comme un gros soupir ;

Mais, quand vint l’aube, avec surprise,
Sur ma porte en me réveillant
J’aperçus une tache grise :
C’était la main du mendiant !


La nuit suivante, à la même heure,
— Je venais de fermer les yeux —
Sur la porte de ma demeure
On heurte un grand coup furieux…