Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/62

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Ces maudits, que les Enfers mêmes
Ont refusé de recevoir,
Avec de terribles blasphèmes
Brisaient l’Autel et l’Ostensoir ;

Ils détruisaient les Cathédrales
Et les Croix de granit sculpté…
Ah ! les « Colonnes infernales »
Avaient un renom mérité !


Pourtant, sur ces luttes maudites
Plus d’un siècle a déjà passé,
Et les Églises reconstruites
Abritent l’Autel redressé ;

Sur nos grands chemins, des Croix neuves
Tendent leurs bras au Paradis…
Mais combien de routes sont veuves
De leurs Calvaires de jadis !

Dans les douves, au bas des haies,
Des Christs, depuis ces attentats,
Étalent toujours leurs cinq plaies
Au pied de mille Golgothas !

Ils sont là, les Jésus de pierre,
Tête de ci, jambes de là…
Seul, l’oiseau chante une prière,
Seul, le vent pleure sur cela !

La mousse lentement les ronge ;
Dans la boue ils sont enlisés ;