Page:Botrel - Contes du lit-clos, 1912.djvu/96

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« Voici le Dieu de victoire,
Disaient les Juifs à genoux,
Gloire au Fils de David ! Gloire !
Gloire au Dieu qui vient à nous ! »

Un coursier plein de noblesse
S’avança… Jésus dit : « Non ! »
Car il vit une humble ânesse
Avec son petit ânon :
« Je te connais, pauvre bête !
Tu me sauvas par deux fois ;
Aujourd’hui, c’est jour de fête :
Tends le dos… comme autrefois ! »

Et la vieille ânesse blanche,
Si bonne au temps des malheurs,
Sous l’odorante avalanche
Des rameaux verts et des fleurs,
Par tout un Peuple suivie,
Mena Jésus — sans remord —
Non plus, hélas vers la Vie,
Mais vers la Croix… et la Mort


… Voilà sa légende telle
Qu’on me la conta jadis…
Pauvre ânesse ! où donc est-elle ?
Je la crois… en Paradis ;
Car, pour qu’on la reconnaisse
Parmi tous les animaux,
Dieu voulut que chaque ânesse
Eût une croix sur le dos !








Cette poésie est éditée séparément. — G. Ondet, éditeur