Page:Buckland - La Géologie et la Minéralogie dans leurs rapports avec la théologie naturelle, 1838, tome 1.djvu/408

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PENTANCRINITES.

en grand nombre. Chacun des articles qui les composent est armé à son bord d’un petit tubercule ou crochet[1], dont la forme varie, et qui était destiné à agir comme organe de préhension. Ces bras et ces doigts, lorsqu’ils étaient épanouis, devaient former un filet d’une étendue bien supérieure au filet des encrinites[2].

Nous avons déjà vu que Parkinson a calculé que le nombre des osselets dans l’encrinite lys excède vingt-six mille. Ce même nombre dans les doigts et dans les tentacules de la pentacrinite briarée doit s’élever au moins à cent mille ; et si l’on y ajoute cinquante autres mille pour les osselets des bras latéraux, nombre de beaucoup trop petit, le nombre total des osselets sera de plus de cent cinquante mille. Et comme chaque os était muni de deux faisceaux de fibres musculaires au moins, l’un pour l’extension, l’autre pour la contraction, nous arriverons à ce résultat que l’organisation d’une seule pentacrinite renfermait cent cinquante mille pièces osseuses, et trois cent mille faisceaux fibreux, remplissant les fonctions de muscles, et constituant un appareil musculaire destiné à régler les mouvemens des pièces solides du squelette, ce qui surpasse en développement numérique tout ce que l’on connaît jusqu’ici dans la création tout entière[3].

Si nous observons avec quel soin, avec quelle exquise dé-

  1. Pl.53, fig. 17.
  2. La place qu’occupent les pentacrinites, dans la famille des échinodermes, nous conduit à penser que nous trouverons à la surface interne des doigts de petits pores analogues à ceux beaucoup plus visibles des ambulacres des oursins. Guettard les avait vus sans doute, car il parle d’orifices percés sur les phalanges terminales des doigts et des tentacules.

    Lamarck dit aussi, en décrivant les caractères génériques des encrines : « Les branches de l’ombelle sont garnies de polypes ou de suçoirs disposés par rangées.

  3. Tiedeman, dans sa Monographie des holothuries, des oursins et des astéries, fait voir que, dans l’étoile de mer, il existe plus de trois mille petits osselets.