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SONT D’ACCORD AVEC LES LIVRES SACRÉS.

mier soir peut être considéré comme la fin de cet espace de temps indéfini qui suivit la création première annoncée par

signé ailleurs sous les noms de—« le plus haut des cieux, » — « cieux des cieux, » — la création de notre ciel visible étant manifestement rapportée au second jour. Petavius lui-même regarde la création de la lumière comme le seul fait du premier jour (ch. 7, « De opère primæ diei, id est luce »), considérant les deux premiers versets comme un sommaire fait par Moïse de la création dont il allait entreprendre le récit, et comme une déclaration générale ayant pour but de rapporter à Dieu la création de toutes choses.

Episcopius et plusieurs autres auteurs pensèrent que la création et la chute des anges devaient être rapportées à la période dont il est ici question, et toutes déplacées que soient de telles hypothèses, elles nous font voir combien il est naturel de supposer un intervalle considérable entre la création mentionnée dans le premier verset de la Genèse et celle dont le récit nous est présenté par le verset troisième et les suivans ; aussi, dans quelques vieilles éditions de la Bible anglaise, où la division en versets n’existe pas encore, trouve-t-on la fin de ce qui est maintenant le second verset séparée du reste par un intervalle ; et dans la Bible de Luther (Wittemberg, 1537) ou voit le chiffre répété au commencement du troisième verset pour indiquer que là commence en réalité le récit du premier jour de la création.

Ainsi donc nous trouvons dans tout ce qui précède la confirmation dont nous avions précisément besoin ; car bien que nous repoussions loin de nous l’idée impie de donner à la parole de Dieu une interprétation différente de sa signification la plus claire, il nous fût resté la crainte de nous être laissé influencer à notre insu par les opinions flottantes de notre siècle ; c’est pour cela que nous avons dirigé nos recherches avec le plus de soin vers les hommes qui ont expliqué les divines écritures à des époques où ces théories n’existaient pas. Qu’il nous soit permis d’ajouter que nous ne porterons pas plus loin ces investigations. Nous ne savons rien de ce que c’est qu’une création, rien des causes premières, rien de l’espace, si ce n’est de la portion limitée par les corps actuellement existans ; rien du temps, excepté ce qui en est déterminé par les mouvemens de ces mêmes corps. Je regretterais amèrement de paraître dogmatiser à propos de ces choses sur lesquelles un instant de réflexion et d’humilité nous conduira à confesser notre ignorance profonde. « C’est à peine si nous devinons les choses de ce monde, et tous nos travaux ne peuvent nous faire apercevoir ce qui se passe sous nos yeux ; qui donc oserait scruter les secrets des cieux.»—Sagesse, IX, 16.

E. B. Pusby.