Page:Burnouf - Introduction à l’histoire du bouddhisme indien.djvu/46

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volume de ses Mémoires[1]. Peu de temps après, en 1835, publiant dans le Journal de cette Société une série de textes extraits des livres sanscrits du Népâl, afin de justifier par des preuves authentiques son Essai sur le Buddhisme, M. Hodgson annonçait que la collection des livres sanscrits qu’il avait rassemblés au Népâl comprenait environ soixante gros volumes, et il ajoutait à cette indication ces généreuses paroles : « Je serai heureux de procurer des copies des ouvrages dont se compose cette collection aux corps savants qui désireront les posséder[2]. » Vers la fin de cette même année, M. Hodgson fit parvenir à Londres vingt-six volumes contenant la grande compilation intitulée Pradjñâ pâramitâ, en cent mille articles, qui faisait partie de la collection précédemment annoncée[3], et il promit d’adresser successivement à la Société Asiatique de la Grande-Bretagne, non seulement les neuf ouvrages qui passent pour canoniques au Népâl, mais encore tout ce qu’il avait pu rassembler de livres sanscrits relatifs au Buddhisme[4]. En effet, une année s’était à peine écoulée depuis cette promesse, que la Société recevait une seconde série de soixante-six volumes sanscrits, tous relatifs à la religion et à la philosophie des Buddhistes du Népâl[5].

Mais ce n’était pas assez pour M. Hodgson d’avoir donné à une société anglaise dont il était membre ces preuves nombreuses de sa libéralité ; il voulut encore appeler la Société Asiatique de Paris à partager les fruits de ses découvertes, et il lui fit don en 1837 de vingt-quatre ouvrages sanscrits parmi lesquels plusieurs sont d’une étendue considérable[6]. Ce présent fut suivi d’un envoi beaucoup plus précieux encore : il se composait de soixante-quatre manuscrits renfermant à peu près tout ce que possédait depuis peu de temps la Société Asiatique de Londres[7]. M. Hodgson avait fait copier ces manuscrits pour le compte de la Société Asiatique de Paris, qui dès 1836 s’était hâtée d’accepter l’offre que faisait ce savant, de transmettre aux corps littéraires qui désireraient les posséder des copies des manuscrits qu’il avait découverts. Ainsi, grâce à ce double acte de libéralité et de zèle, la Société Asiatique de Paris, à laquelle celle du Bengale venait d’envoyer, une année auparavant, la grande collection des ouvrages buddhiques traduits en tibétain, connue sous le nom de Kah-gyur (Bkah-hgyur), possédait la plus grande partie des textes sanscrits, qui de l’aveu

  1. Transact., etc., t. III, Append., p. xlij.
  2. Journ. of the Roy. Asiat. Soc., t. II, p. 288, note 2.
  3. Ibid., t. III, p. iij.
  4. Ibid., t. III, p. vij et viij.
  5. Ibid., p. lxxiij.
  6. Journ. de la Société Asiat. de Paris, iiie série, t. III, p. 316.
  7. Journ. Asiatique, iiie série, t. III, p. 557, et t. IV, p. 91.