Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/15

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4 ŒUVRES

amant que quand il est capable de commettre un crime pour elle ; l’Anglaise, une folie; et la Fran- çaise, une sottise. »

— Ducios disait de je ne sais quel bas coquin qui avait fait fortune: «On lui crache au visage, on le lui essuie avec le pied, et il remercie. »

— D’Alembert, jouissant déjà de la plus grande réputation, se trouvait chez madame du Deffant, où étaient M. le président Hénault et M. de Pont- de-Veyle. Arrive un médecin, nommé Fournier, qui, en entrant, dit à madame du Défiant : «Ma- dame, j’ai l’honneur de vous présenter mon très’ humble respect »; à IM. le président Hénault : « Mon- sieur, j’ai bien l’honneur de vous saluer»; à M. de Pont-de-Veyle : «Monsieur, je suis votre très- humble serviteur»; et à d’Alembert: «Bon jour, monsieur. »

— Un homme allait, depuis trente ans, passer

toutes les soirées chez madame de Il erdit sa

femme ; on crut qu’il épouserait l’autre, et on l’y encourageait. Il refusa : «Je ne saurais plus, dit-il, où aller passer mes soirées. »

— Madame de ïencin, avec des manières douces, était une femme sans principes, et ca- pable de tout, exactement. Un jour, on louait sa douceur : « Oui, dit l’abbé Trubiet, si elle eût eu intérêt de vous empoisonner, elle eût choisi le poison le plus doux. »

— M. de Broglie, qui n’admire que le mérite militaire, disait un jour : « Ce Voltaire qu’on vante