Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/38

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1)1-. CHAMTORT. l’J

— Voltaire disait, à propos de VAnti- Machia- vel du roi de Prusse : « Il craclie au plat pouç en dégoûter les autres. »

On faisait compliment à madame Denis de la façon dont elle venait de jouer Zaïre : « Il faudrait, dit-elle, être belle et jeune. — Ali! madame, reprit le complimenteur naïvement, vous êtes bien la preuve du contraire. »

— M. Poissonnier, le médecin, après son re- tour de Russie, alla à Ferney, et parla à M. de Voltaire de tout ce qu’il avait dit de faux et d’exa- géré sur ce pays-là : « ]Mon ami, répondit naïve- ment Voltaire, au lieu de s’amuser à contredire, ils m’ont doimé de bonnes pelisses, et je suis très- frileux. »

— Madame de Tencin disait que les gens d’es- prit faisaient beaucoup de fautes en conduite, parce qu’ils ne croyaient jamais le monde assez bète, aussi bète qu’il l’est.

— Une femme avait un procès au parlemeiil de Dijon. Elle vint à Paris, sollicita M. le garde des sceaux (1-784) de vouloir bien écrire, en sa faveui", un mot qui lui ferait gagner un procès très-juste ; le garde des sceaux la refusa. La comtesse Talley- rand prenait intérêt à cette femme ; elle en parla au garde des sceaux : nouveau refus. i*Iadame de Talleyrand en fit parler par la reine; autre relus. Madame de Talleyrand se souvint que le garde des sceaux caressait beaucoup l’abbé de Périgord, son fils; elle fit écrire par lui : refus très-bien