Page:Chamfort - Œuvres complètes éd. Auguis t2.djvu/5

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AV.VNT-PROPOS.

son esprit, de ne voir dans le perfectionnement de la civilisation que l’excessive corruption des mœurs, des vices hideux et ridicules, et les tra- vers de toute espèce.

Chamfort était dans l’usage d’écrire chaque jour, sur de petits carrés de papier, les résultats de ses réflexions rédigées en maximes, les anecdotes qu’il avait apprises, les faits servante l’histoire des mœurs, dont il avait été témoin dans le monde, enfin les mots piquans et les réparties ingénieuses qu’il avait entendus, et qui lui étaient échappés à lui-même. Il y règne la plus heureuse variété : la cour,’ la ville, hommes, femmes, gens de lettres, figurent tour-à-tour et presque ensemble dans cette scène mobile, comme ils figuraient dans celle du monde.

Avec une littérature moins étendue que celle de La Harpe, Chamfort sait imprimer à l’examen des ouvrages qu’il analysait pour le Mercure de France, cette raillerie un peu amère qui était le caractère dominant de son esprit ; il rendait compte dts préférence des mémoires historiques, des voyages et des ouvrages sur les réformes po- litiques qui se préparaient en France à l’époque où, de concert avec Marmontel et la Harpe qui partageait alors ses opinions, il rédigeait la par- tie littéraire du Mercure. Il n’est pas rare de le voir se mettre à la place de l’auteur, raconter de la manière la plus piquante les anecdotes que celui-ci n’a pas sues, redresser celles qu’il a défi-